DAMAS (011)
Au cœur de l'oasis de la Ghouta, bordée de montagnes et irriguée par le fleuve Barada, Damas est un lieu de résidence privilégié en Syrie. Le spectacle de Damas vue du haut du mont Qassioun où la vision de cette antique cité dans son écrin de verdure lorsque l'on vient de Beyrouth demeurera, pour le voyageur, un souvenir impérissable. Avec Samarkande, c'est la ville qui a été la plus louée par les poètes et hommes de lettres de tout temps. Son nom, à lui seul, représente le mystère et l'opulence des Mille et Une Nuits. Plus proche de nous dans le temps, elle évoque de même l'aventure avec l'image de Lawrence d'Arabie mangeant les raisins de Damas.
''Damas'' aussi les broderies réalisées sur de la soie et les fils d'or et d'argent décorant les épées et de nombreux autres objets en cuivre.

Plus on découvre cette ville, plus on tombe sous le charme... Sur un fond sonore omniprésent (ô éternelle Om Kalsoum ! ), une multitude de petites ruelles révèlent de véritables palais ou des Retours moyenâgeuses en bois, sans oublier ces souks exubérants qui affolent nos sens : tant de couleurs, d'odeurs et de bruits !

C'est une ville multilinéaire qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie ... Continuellement habitée depuis le IXe millénaire, Damas compte parmi les plus vieilles cités du monde.

Cité prospère dès le IIe millénaire, les Araméens en font la capitale d'un puissant royaume, au Ier millénaire.

En 732 av J. -C., les Assyriens s'emparent de la ville et déportent ses habitants en Arménie.

Lorsque Nabuchodonosor conquiert la Syrie et la Palestine en 572 av. J. -C., elle tombe sous la coupe de Babylone puis sous celle des Perses Achéménides. Après la conquête du pays par Alexandre le Grand, son urbanisme est organisé selon un plan hellénistique : rues à angles droits et édification d'un palais, un théâtre, une agora, des bains et un temple dédié à Zeus.

En 84 av. J. -C., las des querelles séleucides, les Damascènes demandent l'aide d'Arétas, roi nabatéen. Rome va également intervenir et Pompée s’installe à Damas en 64 av. J. -C..

A partir de ce moment, Damas profite de la paix romaine. Enrichie par la reprise du commerce, elle s'embellit : ses remparts - ornés de sept portes- sont enfin édifiés.

Un aqueduc distribue l'eau du Barada aux Retours et aux thermes de la ville.

Le Cardo, aujourd'hui connu sous le nom de Rue droite ou Via Recta , apparaît. Saul de Tarse, persécuteur des Chrétiens, se convertit à Damas et se fait appeler saint Paul.

En 117, l'empereur Hadrien honore la ville du titre de métropole. Elle devient la capitale de la Syrie - Phénicie en 195 et s'élève au rang de colonie en 244 grâce à Philippe l'Arabe. Au cours du IIIe siècle, l'industrie manufacturière se développe (armes, textiles : soieries et cotonnades, verre ) et pendant l'époque byzantine, du IVe au VIe siècle, la construction de la cathédrale de Saint Jean-Baptiste s'effectue à l'emplacement du temple de Zeus.

De nombreuses églises sont de même érigées telles Sainte - Marie, Saint - Thomas, Saint - Ananie,...

Le VIIe siècle, lui, sera témoin de nombreux bouleversements : - en 613, prise de Damas par les Perses sassanides et déportation des habitants. - en 636, Damas, assiégée depuis six mois, se rend à Khaled Ibn EL Walid et devient musulmane. - en 661, le sultan Moawiya, fondateur de la dynastie Omeyyade, fait de Damas la capitale de l'Empire.

Elle le restera jusqu'en 750. Cette période correspond à l'épanouissement de l'art islamique dont il ne reste fort malheureusement que la célèbre mosquée des Omeyyades érigée sur les lieux de la cathédrale Saint Jean-Baptiste. Son plan constitue le prototype de la mosquée dite arabe.

En 750, les Abbassides chassent les Omeyyades et transfèrent la capitale de leur empire à Bagdad. Malgré cela, Damas conserve un important prestige régional. Les Seljoukides, à leur tour maître de la ville, édifient la citadelle qui non seulement leur sert de résidence royale mais aussi de forteresse.

En 1 154, Nour Ed Din rend à Damas son titre de capitale. Saladin, qui la gouverne ensuite en 1 174, empêche les Croisés de s'en emparer.

En dépit des incursions mongoles de 1 260 et 1 400, les Mamelouks au pouvoir entreprennent la construction et la restauration de très nombreux monuments.

La période ottomane (du XVIe au XVIIIe siècle), après une période d'instabilité politique aux XVIe et XVIIe siècles, est marquée par une renaissance commerciale porteuse d'épanouissement et d'opulence.

Les Retours s'embellirent et des quartiers furent créés comme celui de Midane.

Damas suivit le déclin de l'empire et ce n'est qu'au XIXe siècle qu'elle retrouva sa splendeur grâce au gouverneur Midhat Pacha. Ce dernier réorganisa la ville notamment en construisant les quartiers de Marjeh et de Mouhajérine et en élargissant les souks. Ces travaux furent complétés pendant l'occupation française, à partir de 1 920.
Quelques monuments à visiter à Damas :
la mosquée des Omeyyades
le Mausolé de Saladin
la Tekkiyé Souleimanié et son Khan
la Retour d'Ananie
le palais Azem
A voir également :
le Musée National
le Vieux Damas
Damas du haut du Mont Qassioun
la Rue Droite
le souk El Hamidiyé
le hammam Nour Ed Din

AUTOUR DE DAMAS...
Le tombeau d'Abel :

Abel, assassiné par son frère Caïn, serait enseveli au sommet d'une montagne sur la route de Bloudane, à une vingtaine de kilomètres de Damas. Un lieu de culte Druzze a été érigé à cet endroit pour garder le tombeau de la victime du premier meurtre de l'humanité.

Le tombeau de Sayyeda Zeinab :
La quatrième fille d'Ali, le gendre du prophète Mahomet, y reposerait. Ce tombeau, lieu de pèlerinage pour les Chiites, se distingue des monuments syriens par la magnificence du cadre. Il est entièrement décoré de faïence turquoise à la manière perse et son dôme est recouvert de feuilles d'or.

Maaloula (011) :
Un surprenant écrin de montagnes abrite un petit village chrétien aux Retours peintes en bleu pervenche. Ses habitants emploie encore la langue du Christ : l'Araméen . Une des plus vieilles églises de Syrie surplombe le village : le couvent Mar Sarkis où l'on peut admirer des icônes datant du XVIe et XVIIIe siècles.

Seydnaya :
On y trouve non seulement des vignes dont le vin est vanté dans la Bible mais aussi un couvent construit en 547 abritant une des quatre icônes réalisées par l'apôtre Luc, représentant la Vierge Marie.

Dmeir :
En 84 ap. J. -C., les Nabatéens y construisirent un autel dédié au Dieu sémite Baalshamin. Pendant la période romaine, le village prit le nom de Thelsae. En 245 ap. J. -C., Philippe l'Arabe y fit ériger le temple de Zeus Hypsistos qui fut fortifié par les Musulmans.

A cinq kilomètres de Dmeir, se trouve également un camp militaire romain datant du IIe siècle ap. J. -C..

Yabroud :
Ce site, habité depuis des dizaines de milliers d'années, appartint à Agrippa II qui le reçut de l'empereur Claude en 53 ap. J. -C.. Les Byzantins se servirent des éléments du temple de Jupiter pour y bâtir une église qui, aujourd'hui, abrite une belle collection d'icônes.

Deir Mar Moussa ( Nabeck) :
On peut y admirer un monastère et une chapelle datant du VIe siècle ap. J. -C. et abandonnés au XVIIe siècle ap. J. -C. . . Il furent sans doute fondés par Saint Moussa (Moïse) l'Ethiopien. Outre des fresques réalisées au VIIe siècle ap. J. -C., d'autres, peintes au XIe siècle ap. J. -C., confèrent beaucoup de charme à cet antique lieu de culte perdu dans la campagne syrienne.

ALEP (021)
Deuxième ville de Syrie, elle n'en est pas moins riche et cosmopolite. Au contraire, Alep a toujours eu un rôle politique et économique important.

Elle dispute avec Damas le titre de ''plus vieille ville du monde continuellement habitée''. La première communauté humaine à l'origine d'Alep vivait à El Maghayer - qui signifie ''les grottes'' - lieu-dit proche d'Alep.

Son nom ''Halab'' figure dès les IIIe et IIe millénaires dans les archives d'Ur et de Mari.

En 1780, elle devient la capitale d'un royaume prospère mais convoité : le Yamhad. Des textes égyptiens, babyloniens et hittites du XVIIe siècle av. J. -C. attestent également de son importance dès cet âge reculé.

Subissant la domination hittite au XVIIe puis mitanienne au XIVe siècle av. J. -C., elle retombe dans l'escarcelle hittite vers 1370 av. J. -C.. Au IXe siècle av. J. -C., Alep est une capitale araméenne puis les Assyriens (738), les Babyloniens ( VIe siècle av. J. -C. ) et les Perses vont tour à tour la conquérir.

Rebaptisée ''Beroia'' et construite selon un plan hippodamien lorsque les Séleucides hellénisent la Syrie, elle demeure dans l'ombre d'Antioche-sur-Oronte, la capitale de l'empire. De 64 au IIIe siècle ap. J. -C., c'est une ville romaine. Du IVe au VIe siècle, une ville byzantine et finalement, à partir de 637, une ville musulmane.

Sous les Abbassides, en 944, un chef musulman : Saif ed Daouleh en fait la capitale de la principauté hamdanite. Alep a alors un rôle de premier plan dans la lutte contre les chrétiens. Commence alors, dès 962 avec la prise d'Alep et sa quasi - destruction par l'empereur Nicéphore Phocas, une période de troubles, prenant fin avec la dynastie bédouine des Mirdassis (1023 - 1079) .

Saladin, qui réalise l'unité de l'Egypte et de la Syrie en s'emparant d'Alep en 1183, met Alep à la tête du Jihad contre les croisés. Son fils fait creuser le fossé et construire le muret de pierres qui, jusqu'à présent, entourent la citadelle.

Al Zahir Ghazi commandite une trentaine de madrassah, ou écoles coraniques, des mosquées ( dont la Grande Mosquée ), des Khanqa (lieux d'accueil pour les mystiques ) , des souks, des caravansérails et restaure les canalisations d'eau.

Après une période exceptionnellement florissante sous les Ayyoubides, Alep subit durement les conséquences des pillages mongols, Les Mammelouks profitent de sa faiblesse et s'en emparent.

Ce n'est cependant qu'en 1516 qu'Alep retrouve son dynamisme commercial avec la domination Ottomane.

A partir de 1535, la France, l’Angleterre et le Danemark ouvrent des comptoirs a Alep ce qui en fait une ville prospère et cosmopolite.

Au XVIIIe siecle, sa population commence à diminuer.

En 1915, le génocide arménien la fait passer de 90.000 habitants ( 1914 ) a 115000.

En 1946, à la création de la République Arabe Syrienne, Alep retourne dans l'ombre de la capitale : Damas.

Quelques monuments à visiter à Alep :
la citadelle
les madrasseh Halawiyé et El Fardoss
la grande mosquée
A voir également :
le musée
le souk
la vieille ville
Jdeideh, le quartier arménien

AUTOUR D'ALEP...

Ebla :
Ce site, également connu sous le nom de Tell Mardikh, date du IVe millénaire av. J. -C.. Le centre d'Ebla, l'acropole, prit progressivement de l'ampleur jusqu'à devenir la capitale d'un puissant royaume au Nord de la Syrie. Ses murs abritaient à cette époque quelques 30 000 personnes. Entre 2 400 et 2 250 av. J. -C., le palais royal est construit ; Ebla connaît une période de gloire qui attire bien des convoitises puisque celle-ci est pillée et brûlée vers 2 250 av. J. -C. par Naram Sin. La ville, renaissant de ses cendres, reprend son commerce et s'agrandit malgré une seconde destruction en 2 000 av. J. -C.. Des temples et trois palais y sont construits. Ebla s'affaiblit politiquement pendant la domination assyrienne et en 1 625 av J. -C., les Hittites la ravagent. Ebla ne s'en relèvera jamais : ses habitants la déserteront au fil du temps et elle tombera dans l'oubli...

Maaret An-Numan :
Aujourd'hui appelée An-Numan ibn Bashir EL Ansari, elle porta longtemps le nom d'Arra. C'était alors une ville gréco-romaine qui fut prise et détruite par l'empereur byzantin Nicéphore Phocas en 968.

En 1099, Maaret An-Numan fut témoin d'un effroyable épisode qui marqua les croisés tout autant que les ''sarrasins'' : en route pour Jérusalem, les croisés s'y arrêtent, y massacrent 20 000 personnes. A l'approche de Noël, poussés par la faim, ils commirent des actes de cannibalisme sur les cadavres. Ce n'est qu'en 1 135 qu'ils quitteront les lieux, chassés par le Turc Zengi. Plus tard, les musulmans édifièrent des mosquées, dont la Grande Mosquée, et des Khans avec et sur les vestiges de la vieille ville.

A visiter :
Le Khan Murad Pasha aujourd'hui reconverti en musée de mosaïques romaines et byzantines.

Les ''Villes Mortes'' :
Un site extraordinaire : 700 villes réparties sur un périmètre de 2000 km2. Les qualifier de ''mortes'' est injuste quand on sait les contempler avec son âme. Il semblerait, en effet, que ses habitants viennent juste de quitter les lieux tant l'état de conservation dû à la qualité de la pierre est exceptionnelle .

Du Ier au VIe siècle av. J. -C., la région se distingue par ses oliveraies. Elles se sont développées et surtout peuplées grâce au système de murgasa , lequel consiste à offrir à un paysan un capital et des terres qu'il devra cultiver jusqu'à ce qu'elles produisent. A ce moment, le propriétaire cède la moitié de ses terres au paysan et récupère l'autre moitié.

A partir du VIe siècle ap. J. -C., les guerres byzantino - perses ruinèrent cette micro-économie. Avec la conquête musulmane, au VIIe siêcle, ces villages, ne pouvant plus commercer avec l'Occident chrétien, se vident brusquement de leur population.

Saint-Siméon :
En arabe Qalaat Séman, ce site porte le nom de l'ascète Saint-Siméon (IVe siècle ap. J. -C.) qui y passa quarante-deux années de sa vie, isolé au sommet d'une colonne plusieurs fois rehaussée (jusqu'à atteindre vingt mètres environ). Sa réputation était telle que, de son temps, il était connu jusqu'en Occident. Après sa mort, la colline où il avait vécu devint un lieu de pèlerinage très fréquenté.

On y construisit au Ve siècle un martyrium : une immense église cruciforme avec, au centre, les restes de la colonne de Saint-Siméon. Autour de l'église, des chapelles, un monastère et un baptistère furent érigés ainsi que des ''hôtels'' qui permettaient d'accueillir les pèlerins.

Les Byzantins occupèrent et fortifièrent le site au Xe siècle avant que celui-ci ne soit à nouveau abandonné. A noter qu'au pied de la colline de Saint-Siméon, un village : Deir Séman, relié au monastère par une voie processionnelle, abritait aussi les nombreux pèlerins.

Kirk Bize :
et ancien village chrétien est construit autour d'une Retour datant du IIIe siècle et transformée en église au siècle suivant. Elle contient les reliquaires d'un des premiers martyrs. Les premiers Chrétiens y célébrèrent clandestinement leurs messes jusqu'à l'Edit de Milan (313) .

Qalb Loze :

Qalb Loze signifie '' le cœur de l'amande '' en arabe. Derrière cette charmante appellation, se trouve un petit village et surtout une remarquable basilique ayant probablement servi de modèle pour les églises de la région. Cette église, construite vers 450, est dédiée à Saint-Michel et Saint-Gabriel.

El-Bara :
C'est une des plus grandes '' villes mortes '' en superficie et en importance. Effectivement, elle demeura longtemps un centre de communication de premier ordre mais la prospérité de la ville s'appuyait également sur une agriculture dynamique et sur le fait qu'elle abritait un important foyer religieux. Les Croisés y arrivent en 1 098 mais leur présence sera de courte durée : ils sont expulsés en 1 023 suite au massacre commis à Maaret An Numaan. Aujourd'hui, une cathédrale, quatre églises ( Ve et VIe siècles ) , des tombeaux à toiture pyramidale ( Ve siècle ) , des pressoirs, des Retours à deux étages et une riche villa romaine ( IIIe siècle ) transformée en couvent témoignent encore de la gloire de cette époque passée.

Sergilla :
Plus modeste mais mieux conservé, ce village, outre les habitations privées et les villas agricoles, comprend une nécropole, une église, des thermes, des pressoirs et un ''andrôon'' où se réunissaient les édiles.

Aïn Dara :
Occupée depuis le Ier millénaire jusqu'à l'époque Seljoukide, la ville devient un petit royaume araméen vers 1 190 av. J. -C.. Une civilisation néo-hittite s'y développe et construit le temple d'Ishtar entre le Xe et IXe siècle av. J. -C.. Aïn Dara, détruite au VIIe siècle av. J. -C. et reconstruite au IVe siècle av. J. -C., s'enrichit pendant la période romaine puis dépérit lentement après la conquête musulmane.

Cyrrhus :
Cyrrhus porte le nom d'une ville de Macédoine : Cyrrhos.. Chef-lieu de la Cyrrhestique (province du royaume séleucide). La ville servait de bouclier contre les invasions. C'était aussi le carrefour des routes du Nord et le foyer d'une agriculture florissante. Occupé dès le IIe siècle av. J. -C., le site fut intégré à l'empire arménien avant de faire part de l'empire romain en 64 av. J.-C. . A partir du IIe siècle ap. J. -C., il servit de base pour des campagnes militaires menées contre les Arméniens du Nord. Au IIIe siècle ap. J. -C., son rôle de gardienne de frontière va lui être usurpé par Hierapolis ( Membij ) .

Elle sera alors occupée deux fois par les Perses jusqu'à ce que Théodoret de Cyr (423 à 450 ap. J.-C. ) la rénove et la fortifie conformément à ses projets de travaux frontaliers visant à contenir les attaques perses. Ainsi, sous le nom d'Hagiopolis, la ville va-t-elle connaître un regain d'activité, surtout religieuse : les pélerins y afflueront pour rendre hommage à Saint-Cosme et à Saint-Damien.

Les troubles bouleversant la Syrie du Nord aux VIe et VIIe siècles se traduisirent par une baisse d'activité que les dominations successives (latine, arménienne et arabe) accentueront jusqu'au XIIIe siècle où Cyrrhus tombera dans l'oubli.

Membij :
Sous le nom de Hierapolis, sa renommée parcourut l'empire romain. Hellénisée par Séleucos Nicator au IIIe siècle av. J. -C., le développement de la ville se fit autour du culte à Atargatis, déesse mésopotamienne, et à Hadad. Une dynastie locale aurait ''sponsorisé'' ce culte pendant l'époque perse de sorte que Hierapolis devint le plus important centre religieux syrien. Cette popularité ne fit que s'accroître quand l'empereur Heraclius s'y rendit à la recherche de la Vraie Croix qui aurait été dérobée par les Perses lors de la mise à sac de Jérusalem en 614 ap. J.-C.. Les Musulmans et les Zengids s'y succédèrent ( XIe et XIIe ap. J. -C.), les Croisés y firent des incursions en 1 110, en 1 119 et en 1 124 ap. J. -C. et enfin Nur Ed Din y fit bâtir une madrassah (école) en 1 156.

Halabiyé - Zénobié :

Autrefois ville de garnison romaine portant le nom de Birtha, elle prit le nom de Zénobia (en hommage à la reine de Palmyre) après la victoire d'Odeinat sur les Perses en 270 ap. J. -C..

Au cours du IIIe siècle ap. J. -C., Dioclétien rétablit le limes et fortifie Zénobia. Justinien restaure la ville au IVe siècle ap. J. -C. et plus tard, les Arabes y construisirent une forteresse.

Zalabiyé :

Elle fait face à Halabiyé, de l'autre côté de l'Euphrate. En fait, ces deux villes se situent à l'endroit le plus étroit de l'Euphrate. Elles avaient pour fonction le contrôle fluvial et l'assistance aux pèlerins se rendant au tombeau de Saint-Serge à Rassafa. Zalabiyé est aujourd'hui en grande partie détruit en raison d'un tremblement de terre, de l'érosion et de la réutilisation des pierres pour le ballast du chemin de fer.

Rassafa :

Bien que déjà connue au temps des Assyriens et citée dans la Bible, Rassafa n'eut son heure de gloire qu'à partir de l'époque byzantine où elle devint un important centre de pèlerinage. Sergius, soldat romain converti au christianisme y aurait, selon la légende, été décapité pour avoir refusé de faire un sacrifice en l'honneur de Jupiter, devenant ainsi un martyre et un saint qui donna son nom à la ville : Sergiopolis (Ve siècle). Justinien améliora les fortifications de la ville au VIe siècle... ce qui n'empêcha pas les Perses de s'en emparer le siècle suivant, Hisham, calife Omeyyade du VIIIe siècle, la restaura et l'embellit d'un palais et... de sa sépulture ! Par la suite, la ville souffrit du pillage commis par les Abbassides, d'un tremblement de terre et de la déportation de ses habitants à Hama par le sultan Baïbars. Les Mongols achèverons d'en faire ce que l'on nomme aujourd'hui une  « ville morte ».

PALMYRE (031)

Quel étonnement mais quel ravissement aussi que de découvrir, après des heures de route sur une étendue rocailleuse, la goutte d'eau, la perle du désert. Magnifiques vestiges perdus au milieu du désert, cette oasis n'a pas fini de faire rêver...

On vient du monde entier pour admirer le soleil se coucher sur cette petite bourgade qui un jour, capitale d'empire, fit trembler Rome.

Son nom, Tadmor, apparaît pour la première fois dans des textes mésopotamiens datants du IIe millénaire av. J. -C.. Les Grecs en font une ville organisée, conforme aux conceptions hellénistiques et la rebaptisent Palmyre.

Des tribus d'origines très variées :

( des Araméens, des Iraniens, des Arabes, des Phéniciens, ... ) constituent alors l'essentiel de sa population ( IIIe siècle av. J. -C. ) jusqu'en 64 av. J.-C. , date à laquelle Pompée s'installe en Syrie. Sous Tibère ( de 14 à 37 ap.J. -C. ), elle est définitivement contrôlée par Rome.

La paix romaine profite à Palmyre qui, percevant des ''droits de douane'' pour tous les produits importés dans l'empire et transitants par sa ville ( escale obligée sur la route de la soie ), commence à s'enrichir considérablement.

L'empereur Adrien, en visite en 129 ap. J.-C. lui rend son statut de ville libre. Palmyre va donc percevoir les impôts pour Rome et par-là s'enrichir encore plus... De cette époque date la majorité des monuments que l'on peut aujourd'hui admirer : le temple de Baal Shamin, l'agora, la grande colonnade,...

En 212 ap. J.-C., ‎Caracalla (d'origine syrienne) permet à Palmyre d'accéder au titre de colonie de l'empire romain . Son rôle s'élargit à la défense du limes contre la menace perse. L'affaiblissement de l'Empire se traduit par l'accès à une semi - indépendance pour les Palmyréniens. Palmyre parvient progressivement à étendre sa zone d’influence mais ce succès monte à la tête de ses dirigeants. Ainsi le roi Odénat s'auto - proclame ''roi des rois'' après une victoire audacieuse sur les Perses en 260 ap. J. -C..

Assassiné, sa célèbre veuve : Zénobie, va pousser Wahlaballat, leur fils, sur le trône et, en son nom, va se lancer dans de folles conquêtes.

Se retrouvant à la tête d'un empire s'étendant de l'Egypte à l'Anatolie, elle incarne un défi pour Rome qui, en la personne d'Aurélien , réagit.

En 271, Palmyre assiégée se rend mais Zénobie s'enfuit.

Elle est rattrapée au moment où elle s'apprête à traverser l'Euphrate et est probablement ramenée à Rome.

Sa fin demeure incertaine. Deux ans plus tard, suite à une révolte de ses habitants, Palmyre est pillée et détruite, les habitants massacrés par les troupes d'Aurélien. Palmyre ne retrouvera jamais sa splendeur.

Des vestiges d'églises et la mention d'un évêque de Palmyre sur la liste des prêtres présents au Concile de Nicé (en 325 ap. J. -C.), atteste d'une occupation de la ville à l'époque byzantine. Au VIIe siècle ap. J. -C., l'Emir druze, Faker Ed Din, construit un château surplombant le site de Palmyre : on le cite souvent sous le nom de ''château arabe''. En devenant musulmane, Palmyre reprend son nom Tadmor. Les pierres de nombreux édifices seront réemployées dans la construction d'habitations privées et en 1 132, le temple de Bel sera transformé en forteresse et la Cella en mosquée.

Monuments à visiter à Palmyre :
le temple de Bel
la grande colonnade
le temple de Nabo
les thermes
l'agora - les tétrapyles
le théâtre
le temple de Baalshamin
le temple funéraire
les tombeaux
A voir également :
le musée
la source d'eau sulfureuse Efqa
la carrière où étaient taillées les colonnes
 

AUTOUR DE PALMYRE ...
Le château Qasr El-Hair Ach-Charqi :

Il fut construit en 728 ap. J.-C., à l'époque Omeyyade, sous le règne du calife Hisham. Sur les 850 hectares de terres environnantes, limitées par un muret en briques de vingt-deux kilomètres, l'agriculture y fut rendue possible grâce à un système d'irrigation. Ce poste de garde du désert constituait un lieu de repos où l'on chassait et se divertissait. Il permettait aussi de contrôler le trafic de marchandises en provenance de Perse. Les Abbassides l'occupèrent également avant qu'il ne soit définitivement abandonné après les invasions mongoles ( XIIIe siècle ap. J. -C. ).




Le château Qasr El-Hair Al-Gharbi :

Les Palmyréniens s'établirent les premiers sur le site au Ier siècle ap. J.-C. mais il fut abandonné après leur révolte en 273 ap. J.-C.. Les Byzantins et leur allié local : la tribu des Ghassanides, réoccupèrent le site en 559 ap. J.-C. et y construisirent un monastère. Les califes Omeyyades, originaires du désert d'Arabie, en firent un lieu de détente et de loisir en bâtissant un ''pavillon'' de chasse (initiative du calife Hisham en 727 ap. J -C.). En pratique, le château servait à consolider leurs liens avec les tribus et à affirmer leur position aux limites du royaume. Les Ayyubides puis les Mammelouks occupèrent le site à leur tour jusqu'aux invasions mongoles après lesquelles il fut déserté.

BOSRA (015)
Bosra se trouve au cœur de la région fertile du Hauran, sur un plateau basaltique. Ses roches noires, employées dans la construction depuis des siècles, confèrent à la région entière beaucoup d'originalité.

De plus, la dureté du basalte a permis aux monuments de faire admirablement face à l'usure. Mentionnée pour la première fois dans des archives égyptiennes en 1 350 av. J.-C. sous le nom de Busrana, elle ne se développe réellement qu'à partir du IIe siècle av. J. -C. lorsqu'elle devient la capitale régionale de la Nabatène.

Titre qui lui sera accordée officiellement au Ier siècle av. J. -C. sous Rabbel II.

En 106 ap J.-C., Trajan annexe la Nabatène et choisit Bosra comme capitale de la Provincial Arabie. Etant sur le principal axe de communication : la Via Nova Trajana , elle s'impose comme passage obligé et pas moins de 5 000 légionnaires romains s'y installent. Agrandie et embellie d'édifices publics organisés autour d'un Cardo et d'un Decumanus, elle est rebaptisée Nova Trajana Bostra par Trajan entre 98 et 117 ap. J.-C. Au cours du même siècle, on y construit le grand théâtre de 17 000 places, demeuré quasiment intact jusqu'à nos jours.

Dès le début du IIIe siècle ap. J.-C., le christianisme, en pleine expansion, va changer le paysage urbain : de nombreuses églises, une cathédrale dédiée aux saints Serge, Bacchus et Léonce sont bâties.

Une basilique romaine est transformée en église appelée le Couvent du Moine Bahira. Ce moine, réputé dans l'Islam, aurait reconnu en Mahomet enfant, un prophète. Après la conquête musulmane de Bosra en 632, la région sert de champ de bataille aux Musulmans et aux Byzantins qui se disputent le contrôle de la Syrie.

Trente-six mosquées, dont la mosquée El Omar, sont construites et de nombreux Chrétiens se convertissent. Les Seldjoukides, gouvernant la ville à partir de la fin du XIe siècle ap. J.-C., y rétablirent la prospérité et la protégèrent des Croisés.

Fortifié par Nour Ed Din, les Ayyoubides feront du théâtre romain, une véritable citadelle qui sera conquise par les Mongols. Baybars la restaure en 1 261. La route menant à la Mecque modifiée (en partie à cause du brigandage sévissant dans le Hauran), Bosra perdra de l'importance au point de n'être plus qu'un simple village. Cette région agricole traditionnellement prospère ne reprit vraiment son activité qu'à partir de 1 886 lorsque des milliers de Druzes s’installèrent à Bosra.

AUTOUR DE BOSRA ...

Souweida :
Même si la ville antique est actuellement enfouie sous les constructions modernes, on peut encore visiter les superbes mosaïques et sculptures exposées au musée de la ville et admirer les quatre colonnes d'un temple nabatéen ainsi que les restes d'une grande basilique datant du IVe siècle ap. J. -C..

Qanawat :
Qanawat fut fondée vers Ier siècle av. J. -C.. Son nom est mentionné dans la Bible quand, sous le règne d'Hérode Agrippa, la région était en proie aux bandits. Elle devint ensuite une région de conflits entre les Nabatéens et le royaume juif. Ville de la Décapole du temps de Pompée jusqu'au début du IIe siècle ap. J.-C., Septime Sévère lui donne le nom de Septima Canatha et de provinciale syrienne, la ville accède au rang de Provinciale Arabie. Avant qu'elle ne tombe aux mains des Musulmans en 637, le christianisme s'y développa (IVe et Ve siècles ap. J.-C.) et deux basiliques y furent érigées ainsi qu'un ensemble de bâtiments appelé sérail (complexe religieux byzantin construit autour d'un atrium ).

Shahba :
D'abord hellénistique au IVe siècle av. J.-C. puis nabatéenne au Ier siècle ap. J. -C., Shahba se transforma en ville romaine modèle : En 244 ap. J. -C. Philippe l'Arabe, originaire de ce petit village et devenu empereur romain, décide de réorganiser son urbanisme (rues pavées orthogonales avec Cardo et Decumanus), de l'orner de nouveaux monuments (arcs de triomphe, théâtre, thermes, palais, agora, temples,.. ) et de la rebaptiser Philippopolis. A noter que quatre mosaïques d'une grande beauté (IVe siècle ap. J. -C.), retrouvées « in situ », sont exposées dans le musée de la ville.

Ezraa :
On y trouve une église grecque orthodoxe qui figure parmi les plus vieilles encore utilisées en Syrie. Erigée en 515 ap. J.-C. à l'emplacement d'un ancien temple, ce serait la plus ancienne basilique au monde construite selon un plan octogonal et surmontée d'un dôme. A deux cents mètres environ, se trouve une seconde église (grecque catholique) appelée Eglise de Saint-Elias et datant de 542 ap. J.-C.. Elle est cruciforme et orientée Est-Ouest. A l'origine, son dôme était en bois. Toujours dans la région, on peut visiter les vestiges d'habitations de la période romaine.

Deraa :
Aujourd'hui chef lieu de Mohafazat (région administrative), Deraa abrite un théâtre antique et la mosquée Al Omar. Lawrence d'Arabie y fut fait prisonnier par la garnison turque lors d'une mission de renseignement en 1 918.

Salkhad :
Si l'on s'en réfère au géographe Abou I. Fida (XVIe siècle ap. J.-C. ), c'était autrefois la dernière ville avant le désert sur la piste de Bagdad. En 1 073 ap. J.-C., les Fatimides bâtirent une forteresse et en 1 214 - 1 247 ap. J.-C., la Citadelle Ayyubide fut construite sur le cratère d'un volcan, le cône constituant une défense extérieure. Elle permettait de protéger la région au Sud de Damas des attaques possibles des Croisés présents à Jérusalem. Cette place forte fut rénovée en 1 277 ap. J.-C. par le sultan Mammelouke Baïbars. Après l'occupation ottomane, la ville fut abandonnée et tomba dans l'oubli jusqu'au siècle dernier où des Druzes venus du Liban y trouvèrent refuge.

LA VALLEE DE L'EUPHRATE

Doura Europos :
''La Pompéï du Désert Syrien'', fondée en 303 av. J. -C. par Nicator, un général de Séleucos Ier, à l'emplacement d'une forteresse assyrienne du nom de Dawara, la ville devient Doura - c'est à dire '' forteresse'' dans les langues sémites anciennes, et Europos en mémoire du village natal de Séleucos Ier Nicator en Macédoine.

Doura Europos, destinée à accueillir des colons grecs et assyriens, faisait partie d'un réseau de colonies militaires qui assuraient le contrôle de la région centrale de l'Euphrate. La ville s'organise en damier selon un plan hippodamien : des îlots de 35 mètres sur 70, comprenant chacun huit Retours, séparés par des rues perpendiculaires.

Les palais et les temples sont situés au sud de la cité. Au IIe siècle av. J.-C., la ville s'agrandit. Après les Séleucides, les Parthes furent ses nouveaux maîtres pour une période d'environ trois siècles à partir de 113 av. J.-C.. Autrefois défensive, la ville devint résidentielle et commerciale avec une population de plus en plus cosmopolite : des Iraniens et des Sémites venant s'ajouter aux Grecs.

Au IIe siècle av. J.-C., la région de l'Euphrate tomba sous le contrôle des romains. De cette époque, il ne reste qu'un Arc de Triomphe et une Citadelle militaire romaine.

En 161 ap J.-C., un tremblement de terre endommagea sérieusement la ville sans la détruire puisqu'en 212 ap. J. -C. elle reçut le titre honorifique de colonie romaine..

En raison de la menace sassanide, la place fut fortifiée : des soldats arrivèrent en renfort et parmi eux des paysans palmyréniens .

Ces derniers sont à l'origine de la construction du temple de Bel. Beaucoup d'autres lieux de culte y furent construits : des temples, des chapelles chrétiennes et des synagogues ornées de fresques. Ils témoignent non seulement de la ferveur religieuse de ses habitants mais aussi de leur cosmopolitisme et de leur tolérance. Au IIIe siècle ap. J.-C., la ville et ses murs seront rasés et le site sera définitivement abandonné.

Raqqa :
Selon la légende, elle aurait été fondée par Alexandre le Grand. En réalité, ce serait Séleucos Ier Callinicos (244 - 242 av. J. -C.) qui en serait à l'origine.

Nommée Nicéphorium pendant la période hellénistique, elle fut baptisée Callinicum par les romains.

Les Byzantins en firent une forteresse défensive contre le danger perse mais apparemment cela ne suffit pas puisque les soldats de Justinien perdirent face aux Sassanides. La ville devenue musulmane en 639 ap. J.-C. gagna en splendeur : le calife Hisham s'y fit construire deux palais et le calife abbasside Al Mansour restaura la ville en 754 ap. J.-C. avant d'en faire sa seconde capitale. Sa position stratégique lui permettait de protéger Byzance et Bagdad. Plus belle que jamais et prospère, la ville attire le Vizir Haroun Al Rachid qui y établit sa résidence d'été et donne à l'élue un nouveau nom : Al Rafiqa. Un programme de construction fut mis en place pour renforcer la ville et en faire un symbole de l'hégémonie Abbasside. L'invasion mongole de 1 258 ap. J. -C. mit un terme final à cette époque de gloire.

Mari :
Elle est fondée au IIIe millénaire av. J.-C. afin de contrôler le trafic fluvial et caravanier sur lesquels la ville percevait des taxes. Entre 2 600 et 2 340 av. J.-C., Mari qui domine l'ensemble de la Mésopotamie est à son apogée mais doit verser un tribut à Ebla. Cette richesse fait bien des envieux et parmi eux, Sargon d'Akkad, à qui on attribue la destruction de la ville en 2 340 av. J.-C.. A la fin du IIIe millénaire, les rois d'Ur étendent leur suzeraineté sur Mari. De 2 100 à 1 800 av. J.-C., Les ''Shakkanak'' gouvernent, et la ville dépend d'Akkad. Le XVIIIe xiècle av. J.-C. est marqué par le glorieux règne de Zimri Lim qui se fait construire un palais de 300 pièces richement décorées, centre actif de la vie politique, économique et administrative. Après l'occupation assyrienne (1 800 av. J. -C.) et une brève période d'indépendance (1 775 à 1 760 av. J. -C.), Mari est détruite par Hammurabi en 1 758 av. J.-C..

Qalaat Jabr :
Cette Citadelle séleucide est presque devenue une île depuis la construction du barrage sur l'Euphrate. Le paysage qui s'offre à présent aux voyageurs est non seulement étonnant mais aussi d'une grande poésie. La Citadelle, admirable pour ses trente-deux tours différentes les unes des autres, fut fortifiée par Saladin au XIIe siècle.

LE LITTORAL
Le Crac des Chevaliers :

La valeur stratégique de l'endroit est connue depuis des millénaires : les Egyptiens y livrèrent bataille tout d'abord contre le royaume du Mitanni puis contre les Hittites aux XVe et XIIIe siècles av. J.-C.

En 1 031 ap. J.-C., un émir kurde y construisit la première forteresse : ''Hosn el Akrad'' ou la ''forteresse des Kurdes''.

Raymond de Saint-Gilles et ses troupes les chassèrent en 1 099 ap. J. -C.. Ce n'est cependant qu'en 1 110 que les Francs, grâce à Trancrède, décident de s'y installer et de bâtir une forteresse systématiquement restaurée après chaque assaut musulman.

Ces travaux s'interrompirent en 1271 lorsque le sultan Baïbars prit possession de cette place forte qui avait déjà résisté à Nour Ed Din, Saladin et Adel Abou Baker. Le Crac avait entre-temps été vendu aux Hospitaliers en 1 142 ap. J.-C. par Raymond II, Comte de Tripoli. Les chapelles converties en mosquées et les inscriptions latines effacées, le site servit longtemps de base militaire d'où la guerre contre Croisés était menée, et plus tard des villageois musulmans y éliront domicile. Ils ne furent évacués de la forteresse qu'en 1 934.

Safita :
Le village est construit autour de la Citadelle : Castel Blanc. Il est mentionné dans des archives arabes comme étant la propriété du comte de Tripoli en 1 112 ap. J.-C.. La première forteresse fut en grande partie détruite par Nour Ed Din. Par la suite, les Templiers, en charge de la défense de la région, la reconstruisirent et la fortifièrent. Castel Blanc tombe entre les mains de Baïbars en 1271, peu de temps avant que ce dernier ne s'empare du Crac des Chevaliers.

Amrit :
Occupé dès le IIIe millénaire av. J.-C., le site prend le nom de Marathos pendant l'antiquité. A l'époque perse, quand la proche île d'Arwad était une capitale phénicienne nommée Arados, Amrit était le faubourg continental d'Arwad. Le Ier millénaire correspond à son apogée. Après la conquête de la Syrie par Alexandre Le Grand en 333 av. J.-C., Marathos va commencer à dépérir puis être abandonnée au IIe siècle ap. J.-C.. On peut encore admirer aujourd'hui des tombes hypogées et un très beau temple : Ma'abed, de l'époque perse entre le VIe et le IVe siècle av. J. -C.).

Arwad :
Cette petite île au lourd passé est même citée dans la Génèse. La présence d'un cours d'eau fraîche a favorisé l'occupation humaine très tôt et lui a permis de résister à de longs sièges. Centre urbain cananéen à l'origine, l'île est prise par le pharaon Touthmès III pendant sa cinquième campagne en Syrie.

Les Phéniciens s'en servirent comme base de peuplement de la côte avant qu'elle ne soit investie par les Assyriens et les Perses Achéménides.

En 333 av. J.-C., Gerostratos, le roi d'Arwad se presse de mettre son royaume à la disposition de l'envahisseur séleucide, acte qui permit à Arwad de préserver une certaine indépendance. Son influence décroît simultanément avec la montée en puissance de Tartous, autre ville continentale proche. L'île devient une ville-musée. Saint-Paul s'y serait arrêté lors de son voyage pour Rome.

Base navale byzantine, Arwad passe sous domination arabe en 640 ap. J.-C. et enfin les Templiers l'occuperont jusqu'au massacre des dernières troupes croisées en 1 302 ap. J.-C..

Tartous (043) :
Sous le nom d'Antirados (Anti - Rados : face à Arwad ), elle permettait aux Phéniciens de faire la liaison avec Arwad. Elle prit le nom de Tortose sous les Francs et quand la liberté de culte fut accordée aux premiers Chrétiens, des pèlerins y affluèrent pour visiter la première église consacrée à Marie (par Saint-Pierre lui-même selon la légende). Raymond de Saint-Gilles prit Tortose en 1 102 ap. J.-C. puis les Francs décidèrent d'ériger la cathédrale Notre-Dame De Tortose sur l'emplacement même de la première église en 1123 ap. J.-C..

Vers 1 165 ap. J.-C., les Templiers gardent la forteresse et résistent aux assauts de Saladin en 1188 ap. J.-C..

Mais Saladin, comme le fera plus tard Baïbars, détruit la ville à défaut de pouvoir prendre la forteresse. La ville tombera finalement aux mains des Musulmans en 1291 ap. J.-C..

Par la suite, la cathédrale connut plusieurs transformations : d'abord en mosquée, en caserne turque puis en musée en 1 956.

Massyaf :
Au XIIe siècle ap. J.-C., un réseau de forteresses fut mis en place par les Ismaéliens afin d'échapper aux persécutions des régimes sunnites orthodoxes d'Alep et de Damas. La forteresse de Masyaf eut donc un rôle défensif pendant les périodes séleucide, romaine et byzantine avant de tomber sous le contrôle des Croisés en 1 103 ap. J.-C..

En 1 140 ap. J.-C., la forteresse fut prise par les Ismaéliens qui en firent, pour plus de deux siècles, le centre de leur secte : la secte des Assassins, menée par le célèbre ''vieillard de la montagne''. Saladin qui avait déjà échappé à deux tentatives d'assassinat menées par la secte, assiégea Massyaf en 1176 ap. J.-C., mais laissa tomber.

Un siècle plus tard, le sultan Baïbars devint le maître des lieux.

Qalaat Marqab :
Construit en 1 062 ap. J.-C. par les Musulmans, le ''château du guet'' passa aux Byzantins en 1104 ap. J.-C. et aux Francs avec sa cession à Roger d'Antioche. L'ordre des Hospitaliers agrandit la forteresse pour en faire une place forte imprenable (fin du XIIe siècle ap. J. -C. ), et qui subit lui aussi les attaques des Arabes après que le Crac de Chevaliers ait échu aux mains de ces derniers. Après cinq mois de siège, le sultan Qalaoun investit la place forte qui, à son tour, servit dans la lutte contre les Croisés. Un village se développa « intra-muros » puis le site tomba dans l'oubli vers le XIXe siècle.

Jableh :
Cette petite ville de province abrite les vestiges d'un théâtre romain qui en d'autres temps pouvait accueillir jusqu'à 6 000 personnes. Jableh servit tout d'abord de port du temps des Phéniciens à nos jours. Intégré à l'empire assyrien, il fut le siège d'une colonie grecque au VIIIe siècle av. J.-C. et surtout appartint au groupe de cités phéniciennes contrôlées par Arwad pendant les périodes perses et séleucides. La ville fut romaine, évêché byzantin, puis arabe en 638 ap. J.-C..

En 1 109 ap. J.-C., lorsque Jableh fut incorporée à la Principauté d'Antioche, le théâtre romain fut transformé en château croisé. Prise par Saladin en 1188 ap. J.-C., elle fut brièvement délaissée : les Croisés y revinrent et les Hospitaliers l'occupèrent, se disputant ce droit avec les Templiers. En se l'appropriant, le sultan mamelouk Qalaun mit un terme à la dispute.

Lattaquiyé (041) :
Petit village phénicien à l'origine, les Assyriens, les Perses puis les Séleucides le conquirent à tour de rôle. Lattaquié, devenue Laodicée, eut un rôle important dans le royaume de Séleucos Ier Nicator (311 – 281 av. J.-C.) : première ville portuaire et grande productrice de vin.

A la fin du IIe siècle ap. J.C., Septime Sévère, la préférant à Antioche, la nomme capitale de Syrie. Il y fait effectuer de nombreux travaux d'agrandissement et de rénovation comme la construction de quatre rues à colonnade mais les conquêtes qui s'en suivirent et surtout les tremblements de terre successifs de 494 et 555 ap. J.-C. eurent raison de ces travaux. Justinien reconstruisit la ville.

Les Byzantins, les Turcs, les Croisés et enfin Saladin en 1 188 ap. J.-C. conquirent la ville. Pillée et brûlée par les Croisés chypriotes, Lattaquié perdit de son importance au fil du temps... Au début de ce siècle, ce n'était plus qu'un simple village de pêcheurs. Quand la Syrie perdit Antioche, le port renaquit et la prospérité revint.

Ugarit :
Appelé Ras Shamra en arabe, c'est un site dont l'occupation remonte au VIIe millénaire av.

J.-C.. Le IIe millénaire av. J -C. fut une période d'expansion urbaine importante ainsi qu'en atteste la découverte de Retours, de caveaux funéraires, de deux temples dédiés à Dagan et Baal et un palais (Xve siècle av. J.-C.). La construction d'un ''Palais Royal'' et de nouveaux quartiers d'habitation font de la ville une véritable agglomération urbaine. Centre intellectuel important, une écriture cunéiforme alphabétique y fut inventée : le premier alphabet au monde !

Suite à un essor significatif de la navigation et du commerce associés à d'excellentes relations avec les Egyptiens, la ville, enrichie, s'embellit de nouvelles demeures, et le palais s'agrandit aux XIVe et XIIIe siècles av. J.-C.. Tombée sous la coupe hittite, elle leur verse un tribut annuel. Ugarit fut détruite par l'arrivée des Peuples de la Mer et disparut vers 1180 av. J.-C..

Le château de Saône (de Saladin) :
Au Ier millénaire av. J.-C., les Phéniciens érigèrent une forteresse qui fut prise au fil du temps par Alexandre le Grand, les Byzantins, et enfin par les Croisés en 1 108 ap. J.-C.. Ces derniers édifièrent un grand rempart et creusèrent dans la roche un fossé autour de leur plus vaste possession syrienne dont les Musulmans eurent raison en 1 188 ap. J.-C. et qui devint le château de Salah Ed Din , ou Saladin, la même année. Les Mameloukes l'occupèrent. La paix revenue dans la région, il fut abandonné au profit d'habitations plus confortables.

LA VALLEE DE L'ORONTE
Homs (031) :

Aujourd'hui capitale de Mohafazat (région administrative ) et première ville industrielle et agricole de Syrie, elle fut connue dans l'Antiquité sous le nom d'Emèse où naquirent les impératrices Julia Domna, Julia Maesa, Julia Mammea et Julia Soemia .

Au IVe siècle ap. J.-C , siège d'un évêché, une importante communauté chrétienne s'y développe. Des catacombes décorées de mosaïques y furent retrouvées. Par la suite, la ville devant subir les pillages et les incendies des conquérants qui s'y succéderont verra son patrimoine archéologique s'altérer.

Hama (033) :
Cinquième ville du pays, on la qualifie souvent de traditionaliste du fait de son conservatisme religieux mais aussi de romantique avec ses Norias, grandes roues de bois, qui n'ont cessé de tourner depuis le XIVe siècle....

Petite cité araméenne, elle fut annexée par les Assyriens en 820 av. J.-C.. Peu ou prou a ici résisté aux occupations successives, que ce soit les Séleucides, les Romains, les Byzantins ou les empires arabes...

Les Séleucides lui avaient donné le nom d'Epiphania en l'honneur d'Antiochos IV Epiphane, leur dirigeant. Se situant quasiment à mi-chemin entre Alep et Damas, Hama fut souvent l'objet de querelles territoriales entre les dynasties rivales d'Alep et de Damas, spécialement aux XIe et XIIe siècles, si agitées. Les premières Norias furent construites pendant la période Ayyubide, période de grande prospérité. Les Mamelouks et les Ottomans suivront l'exemple. Saladin y développa un sunnisme orthodoxe que l'on retrouve aujourd'hui à travers le traditionalisme tranchant de ses habitants.

Apamée :
C'est une des quatre cités (la Tétrapolis) fondée par Séleucos Ier Nicator au début du IIIe av. J.-C. mais l'occupation humaine sur ce site remonte au néolithique. Hellénisée dès la fin du Ve siècle av. J.-C., elle fut rebaptisée Pharnaké une première fois, puis Pella après la conquête d'Alexandre en 333 av. J.-C..

En 64 av. J.-C., la Syrie devient romaine, la citadelle d'Apamée est détruite mais la ville continue à prospérer en tant que base militaire jusqu'au IIe siècle ap. J.-C. où commence la construction des vestiges que l'on peut jusqu'à présent admirer : une colonnade bordée de monuments publics tels des bains, un théâtre, des temples, des villas,...

Suite à plusieurs tremblements de terre en 115 ap. J.-C., Trajan ordonna la restauration de la ville. Quant à la colonnade de la voie principale, elle fut complétée sous le règne de Marc Aurèle. Outre son importance économique, Apamée devint le centre d'une école de philosophie néo-platonique qui s'épanouit plus particulièrement au IVe siècle ap. J.-C.. Pendant la période byzantine, elle fut également la base des adeptes de ''l'hérésie monophysite'' et une capitale de province, siège d'un évêché au Ve siècle ap. J.-C.. Avant que les Perses ne l'occupent, ils la pillèrent et la brûlèrent en 573 ap. J.-C.. Passant entre les mains des Byzantins et des Arabes, elle finit par être rattachée à la Principauté d'Antioche par les Croisés jusqu'en 1149 ap J.-C., date à laquelle Nour Ed Din s'en empare. Finalement un grand tremblement de terre (en 1 157) détruisit la ville, limitant l'installation humaine à la citadelle...

Le caravansérail et la mosquée du XVIe siècle mettent en évidence le rôle joué par la suite en tant que halte sur la route de la Mecque.

Le château de Sheizar :
Situé à un point de passage sur l'Oronte, il aurait été fondé par un régiment de l'armée d'Alexandre le Grand au Ier siècle av. J.-C..

Détenu par les Byzantins pendant une centaine d'années, il passa aux mains des Arabes qui en firent un important foyer de résistance contre les Croisés. Ces derniers tentèrent de nombreuses fois de s'en emparer, mais en vain. Les tremblements de terre associés à la succession des différentes dynasties arabes et des Mongols l'ayant endommagé, Baïbars et son successeur Qalaun le reconstruisirent.

Le château Ibn Wardan :
Sans doute un des plus beau du point de vue architectural, la forteresse fut construite sous l'égide de Justinien pendant sa dernière année de règne (564 ap. J. –C.). Le complexe palais/église/baraquements militaires sur les bords du désert syrien était plus destiné à contrôler la population arabe nomade qu'à parer la menace perse.

 

 
Adonis
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